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Les rendez-vous de juin au Chant de la terre

Publié le par Les amis du Chant de la terre

Les rendez-vous de juin au Chant de la terre

EXPOSITION DU 3 AU 30 JUIN

THIBAULT FRANC

" F(R)ICTIONS "

Vernissage samedi 7 juin à 11h - entrée libre

Par "F(r)ictions", j'entends rallumer des images dans une stricte logique de survie : comment faire jaillir une flamme lorsque nous n'avons plus à notre disposition les outils confortables que nous propose l'industrie humaine et l'habitude ? Comment faire brûler la vieille chaise de Van Gogh pour nous procurer un peu de chaleur ? C'est reconnaître l'inanité des œuvres devant la destruction du monde, mais aussi leur énergie potentielle, à travers le mouvement retrouvé, l'agitation et l'échauffement des molécules, la réduction en cendres fécondes pour la culture du sol. En frottant deux images l'une contre l'autre, en créant des abris pour l'esprit, en posant les bases d'une nouvelle civilité, et donc aussi d'une archéologie à venir, je veux tracer le cercle d'un campement imaginaire et les règles pour surmonter les épreuves, avec humour, humanité, culture du chaos. Un courant d'r à travers l'Histoire, pour raviver le foyer qui tirait mal, un peu de fraîcheur dans nos histoires, notre destin illusoire de créatures élues, nos fictions.

Une présentation de l'artiste par Bernard Garnier de Labareyre - extraits de La patience de l'artiste survivant.

Né en 1976, Thibault Franc, aujourd’hui artiste plasticien, aime à convoquer dans son œuvre multiforme tous les récits de sa mythologie personnelle, tissée des combats épiques d’un soldat enfant, casqué de carton et armé d’épées lasers en plastique. A sa manière, il s’est rebellé contre la vitesse et la tyrannie du présent (...)

Devant ce qu’il qualifie « d’arrogance d’un monde prétentieux et chancelant » il convoque sa création comme un antidote. C’est sa modeste façon de "stopper" le monde à la manière d’un sorcier guerrier, façon Carlos Castañeda.

En produisant des objets, des peintures et des textes, qu’il aime à qualifier de sortilèges et d’invocations, il cherche à conjurer l’apocalypse annoncée, que l’humanité a notamment appris à déclencher grâce à l’arme nucléaire, le crépuscule d'un système condamné par ses excès (...)

Délaissant l’unité formelle d’un seul médium, il a choisi une unité thématique qui se déploie à la fois plastiquement et littérairement, en glissant sans cesse d’un support à l’autre. Cette unité est celle du registre de la chasse, dont il explore imagerie et territoires avec obsession : la chasse pour la survie dans un territoire peuplé de guerriers. Par sa facilité à développer des histoires de traque et d’explorations dans des contrées hostiles où les pistes s’entrecroisent et s’évanouissent, Thibault Franc met inlassablement le regardeur au défi de le circonscrire et s’amuse de cette esquive permanente (...)

Lorsque nous sommes leurs victimes consentantes, les œuvres vivement colorées de Thibault Franc nous attirent comme des sucreries les insectes ou des appeaux le gibier. Le chasseur patient a préparé son dispositif séducteur avec tout son art. Et si l’on s’y laisse prendre une première fois, notre esprit entre alors dans un labyrinthe de références circulaires et d’histoires entrecroisées que l’artiste alimente avec délectation (...) Catcheur guérillero ou ermite chamane à ses heures, Thibault Franc alterne dans ses œuvres, esprit de provocation et fuite dans l’imaginaire de ses contes ordinaires.

En phase belliqueuse, il crée des pièces à la limite du kitsch, où il conjure et invoque le combat rituel, les morts, la sorcellerie. Puis la mélancolie songeuse le reprend vite et il fait une pause méditative en composant une, ou des séries romanesques inspirées de la vie quotidienne, des annonces immobilières, des étals d’une boucherie, des galeries de photos Facebook ou d’affiches de films.

Thibault Franc se nourrit largement de la photographie quotidienne, journalistique ou promotionnelle, qu’il imite et détourne dans sa peinture. En scénographe romancier il s’amuse des ajouts, des fragmentations, des surexpositions pour mieux nous embarquer. Mais il s’arrange aussi pour nous ramener constamment au quotidien. Le citoyen Thibault Franc n’est pas le rebelle isolé dans son phare du bout du monde, uniquement entouré de ses fictions. Il est aussi profondément inscrit dans une proximité contemporaine et vivante (...)

Toujours à la recherche de campements et d’abris possibles face à l’angoisse omniprésente de la précarité, il est devenu un constructeur phénix, auteur de cabanes post-apocalyptiques et de nichoirs qu’il veut croire utilisables par de vrais oiseaux. Ces objets ne sont pas isolés et fonctionnent par le biais de la série et de l’entrecroisement des références dans un système de monde imaginaire en expansion, comme le "Tlön" du Fictions de Borges. Les nichoirs ne sont ainsi que l'une des entrées qui conduisent à invoquer la fragilité et la liberté des oiseaux, signes du destin à interroger et symboles de la crise de civilisation (...)

Pour se prouver qu’il est vivant, il provoque. Mais son œuvre très concrète de reconstructeur d’images et d’objets nait aussi de sa résistance à l’éclatement du concept même de l’art, concept exposé à la pression de la dématérialisation. A toute cette virtualité, Thibault Franc oppose la matérialité et la trivialité de ses objets. Son réalisme pop vient à la rencontre de l’arte povera et d'un esprit libertaire à la Dada. Mais son imaginaire et le goût du baroque l’emportent toujours dans de nouvelles voies d’exploration, car pour notre plus grand plaisir, l’enfant joueur et créatif en lui est le plus puissant. Il ne donne pas de leçons mais propose avec ses peintures pastiches et ses collages reliquaires surréels, des œuvres pièges à la façon d’un Spoerri, pour nous inviter à méditer sur une manière moins stressante… d’habiter notre vieux monde.

Thibault Franc - F(R)ICTIONS
Thibault Franc - F(R)ICTIONS
Thibault Franc - F(R)ICTIONS

Thibault Franc - F(R)ICTIONS

Les rendez-vous de juin au Chant de la terre

VENDREDI 13 JUIN A 20H30

"EXQUISE PLANETE" - RENCONTRE/DEDICACE AVEC JEAN-SEBASTIEN STEYER ET JEAN-PAUL DEMOULE


Exquise planète. Odile Jacob. Bordage (P.), Demoule (J.-P.), Lehoucq (R.), Steyer (J.-S.) 2014

On connaît le jeu du « cadavre exquis », qui consiste à faire un dessin, puis à plier la feuille en n’en laissant dépasser qu’un fragment, à partir duquel le joueur suivant improvise son propre dessin… Les quatre auteurs de ce livre, en reprenant le principe, l’ont adapté à la description d’une planète plausible et des diverses formes de vie susceptibles d’y apparaître et de s’y développer. Quelle espèce extraterrestre le hasard et les lois de l’évolution vont-ils produire ?

Cette « exquise planète », inventée en restant autant que faire se peut dans le champ du possible par un astrophysicien, un paléontologue et un archéologue, ne ressemble guère à la Terre, si ce n’est par l’inépuisable inventivité de ses espèces, et pourtant elle aurait pu être la nôtre si le hasard en avait décidé ainsi. Et elle prend un relief bien particulier quand un écrivain de science-fiction, Pierre Bordage, prenant le relais final, vient enrichir les descriptions scientifiques et factuelles d’un souffle épique qui efface la frontière commodément tracée entre science et fiction.

Pierre Bordage, auteur de science-fiction, s’intéresse à tous les genres du domaine. Spécialiste du « space opera » (Les Guerriers du silence, Abzalon, Griots célestes), il ne néglige ni le « postapocalyptique » (Le Feu de Dieu), ni la « fantasy historique » (L’Enjomineur), l’anticipation (Wang), l’uchronie (cycle de Ceux qui sauront) ou la « fantaisie » (Les Fables de l’Humpur).
Jean-Paul Demoule, archéologue, professeur de protohistoire européenne à l’université Paris-I et membre de l’Institut universitaire de France, a présidé l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dontOn a retrouvé l’histoire de France.
Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA dans le domaine de la topologie cosmique, s’est fait une spécialité de vulgariser la science à partir d’ouvrages de fiction (La Science-Fiction sous les feux de la science, D’où viennent les pouvoirs de Superman ?). Il tient la rubrique « Scientifiction » dans la revue Bifrost.
Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS rattaché au Muséum national d’histoire naturelle, signe des rubriques liant la science et l’imaginaire dans les revues Pour la science et Espèces. Il est l’auteur de La Terre avant les dinosaures.

8 questions pour en finir avec les clichés sur la théorie de l'évolution, un entretien avec Jean-Sébastien Steyer (blog Passeurs de sciences - LeMonde.fr)

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/03/19/8-questions-pour-en-finir-avec-les-cliches-sur-la-theorie-de-levolution/

Entrée libre.