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AU PROGRAMME DE LA LIBRAIRIE EN MAI

Publié le par Les amis du Chant de la terre

 

EXPOSITION DU 2 AU 31 MAI : JACQUES DIEZI - GRAVURES

VERNISSAGE VENDREDI 3 MAI à partir de 18 h

 

Un art seul propose des signes équivalant aux choses, alliant l’abstraction et la réalité (y a-t-il plus abstraits qu’une ligne, un trait, un dessin fait de lignes, de traits s’entrecroisant ?), et cet art, c’est la gravure… " (Jacques Villon)

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" Si l’intérêt, la passion pour la gravure sont anciens chez moi, le passage à la pratique est arrivé bien tardivement. Après une activité professionnelle consacrée à l’enseignement et la recherche universitaires au sein d’une faculté de médecine en Suisse, et sans autre formation particulière dans l’exercice artistique, j’ai progressivement appris, ces dernières années, les techniques de la gravure, grâce aux conseils de Monique Lazega, responsable de l’atelier Aquaforte à Lausanne. Amateur donc, mais au sens étymologique le plus ancien certainement ! " Jacques Diezi

 

" Avec tes défauts, pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu’irais-tu mettre à la place ? " - Henri Michaux

 

 

nelcya.jpgDELANOE D'une petite rafle provençale(2e)

 

VENDREDI 24 MAI à 20H30 : RENCONTRE AVEC NELCYA DELANOË A L'OCCASION DE LA PUBLICATION DE SON LIVRE " D'UNE PETITE RAFLE PROVENÇALE " (éd. du Seuil)

 

Ethno-historienne, traductrice, écrivain, Nelcya Delanoë est professeur honoraire des Universités. Elle a publié une dizaine de livres et de nombreuses traductions. Elle vit à Paris et à Villeneuve-lès-Avignon.

 

Ce livre est né de la lecture inopinée d'un poème de Louis Aragon, Le Médecin de Villeneuve, écrit en août 1942 alors que l'écrivain s'était installé pour quelque temps à Villeneuve-lès-Avignon, où vivait son ami Pierre Seghers ainsi que de nombreux artistes réfugiés là.

Ce poème décrit une rafle de Juifs étrangers à Villeneuve, le 31 août 1942 selon l'auteur qui, dans une préface à ce poème, défend la "vérité historique en poésie". J'ai donc cherché à savoir ce qu'il en avait été de cette rafle à Villeneuve-lès-Avignon, où je vis une partie du temps et où je n'avais jamais entendu parler de cet épisode.

Ma recherche m'a conduite à avoir des entretiens avec des habitants de Villeneuve-lès-Avignon et au-delà, directement ou indirectement liés à cette période. Sans grand succès. Les témoins directs ou indirects sont peu nombreux, et encore moins nombreux ceux qui acceptent de parler. Quoi qu'il en soit, personne n'avait entendu parler de cette rafle.

Grâce aux archives municipales, départementales, nationales et de la gendarmerie, j'ai fini par reconstituer la rafle décrite par Aragon (qui s'est trompé sur la date, elle a eu lieu le 26 août), j'ai établi les noms et adresses des neuf Juifs étrangers arrêtés, recensés et non recensés, (sur 65 Juifs français et étrangers déclarés résidant à Villeneuve). J'ai également pu suivre en partie leur trajet, avec disparitions énigmatiques, évasions, retours, et déportations - où quand quel convoi…

Il s'agissait d'une des multiples dizaines de rafles opérées cette nuit-là dans la zone sud sur décision de Vichy – et dont on parle si peu de nos jours.

J'ai par ailleurs tenté d'en apprendre plus long sur ceux qui n'avaient pas été arrêtés et qui ont continué de vivre à Villeneuve plus ou moins longtemps après cette rafle.

J'ai ainsi découvert qu'une autre rafle (neuf Juifs français, recensés et non recensés) a eu lieu à Villeneuve presque un an plus tard, le 17 juillet 1943. Celle-ci a été le fait d'organisations locales, floues et autonomes, voyous et truands compris, en étroites relations avec la police allemande et les appareils maréchalistes – rackets, pillages, marché noir et persécution des Juifs. Et cette rafle-là, nul n'en a jamais entendu parler.

 

D'une petite rafle provençale conte l'enquête se faisant, et ses croisements avec l'histoire de l'auteur –pas en avant pas en arrière, découvertes et rebondissements. Jusqu'aux "VOISINS VIGILANTS" de Villeneuve-lès-Avignon et de son extrême Droite populaire en ce début de XXIe siècle.

 

Par là même, cette enquête décrit un village du Gard en "zone non occupée" pendant la Seconde guerre mondiale. Zone spatio-temporelle aux rapports de forces et de faiblesses enchevêtrés, où se sont tramés ambiguïtés et paradoxes, toujours peu explorés en raison même de leur nature.

Il s'agit en effet d'un monde où collaboration avec et résistance à Vichy étaient souvent contournées, détournées, maquillées, au point qu'elles demeurent difficiles à documenter et à établir. Le sort des Juifs étrangers et français qui s'en est suivi est ainsi quasi oublié, gommé, et surtout ignoré.

Or cette micro histoire, d'une richesse et d'une complexité étonnantes, permet de mieux comprendre ce qu'il en fut de la persécution des Juifs de la zone sud hors des grandes villes et reliée à la macro histoire. Elle permet aussi de mesurer la prégnance de ce blanc de l'histoire, que j'ai ainsi tenté de faire apparaître, noir sur blanc...

 

 

 

 

 

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